Le masque de la masculinité

Je traînais sur Netflix, quand je suis tombé sur le documentaire The Mask You Live In (que je recommande donc fortement à tous et à toutes ) qui m’a beaucoup fait réfléchir. Il est question de la masculinité aux USA, et principalement des différents problèmes dans l’éducation des garçons qui mènent à une sorte de crise de la masculinité.

Le documentaire fait le lien entre des problèmes sociétaux (hausse des fusillades dans les écoles, des agressions sexuelles dans les campus entre autres) et l’éducation des garçons et jeunes hommes, qui passe par la famille, l’école, les médias.

Il explique que le rôle des parents joue un rôle extrêmement important, car dans la sphère familiale les garçons sont presque contraints à masquer leurs émotions, on éduque les garçons à ne pas pleurer, à ne pas montrer de signe de faiblesse, de tristesse, de douleur. Des hommes témoignent et expliquent que les remarques constantes de leurs pères ont eu d’énormes conséquences sur leur caractère, leur manière de se comporter. Quand on martèle à un enfant « ne pleure pas, c’est les filles qui pleurent », « si quelqu’un te frappe, défends-toi », quand on le prive de marques d’affection pour éviter qu’il soit « un garçon à sa maman », forcément ces jeunes grandissent en refoulant complètement leurs émotions et ressentis, ils cachent leurs faiblesses et n’en font jamais part, et ils manquent d’empathie.

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Cette pression pour correspondre aux stéréotypes de la masculinité se renforce énormément dès l’entrée à l’école, où il est attendu que les garçons jouent au sport, se disputent entre eux. C’est alors la porte ouverte au harcèlement scolaire, contre tous ceux qui ne rentrent pas dans les clous de cette masculinité forcée. Le documentaire explique qu’un garçon sur quatre qui est victime de harcèlement à l’école n’en parle pas, sans doute parce qu’on lui a inculqué dès le plus jeune âge à ne pas montrer de signe de faiblesse, à encaisser les coups.

Toutes ces idées sont bien sûr largement véhiculées par les médias, qui montrent des héros masculins super puissants, violents, sportifs, qui ne montrent aucune émotion, qui affirment leur succès avec l’argent et les conquêtes.

Tous ces facteurs dressent un standard de la masculinité complètement malsain, qui entraîne des problèmes autant pour les garçons et jeunes hommes qui sont victimes d’attentes surréalistes, que pour la société de manière générale qui fait les frais de cette éducation basée sur le mépris de la féminité, qui est associée à la faiblesse.

Je vous invite donc vraiment à regarder ce documentaire car les témoignages apportent des réflexions très intéressantes autour du rôle de la famille, des médias et du système éducatif américain autour de cette problématique !

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2 commentaires

  1. J’ai vraiment trouvé ton article très intéressant. Je suis contente de voir de plus en plus de gens aborder la problématique des stéréotypes du point de vue masculin. En effet, on parle souvent des effets néfastes des médias sur les jeunes fille mais on tend à oublier que les garçons aussi en sont victimes. Je pense que cette culture de « l’homme fort » est tellement ancrée dans notre société que peu de personnes sont portées à la questionner, étant devenue une norme. Au final, je ne suis même pas sûre qu’on connaisse l’origine de cette pensée, qui m’apparait personnellement absurde. En effet, si on prend le temps d’y penser, ce qui différencie les hommes des femmes dans la nature est simplement son organe reproducteur. Il est donc juste d’affirmer que la conception de la masculinité et de la féminité est un produit de la société des hommes. Je suis d’accord avec toi sur le fait que comme les filles, les garçons vivent également une pression sociale par le biais des médias, dont le stéréotype qui est le plus véhiculé est l’homme fort qui ne pleure pas, comme tu l’as bien expliqué. Pourtant, comme tout être humain, ils naissent avec des émotions mais doivent les refouler en grandissant ce qui vient à l’encontre de leur nature. Peut-être que de nombreux suicides auraient pu être évités si la société n’avait pas inculqué ces valeurs aux hommes. En effet, selon les statistiques, le taux de suicide est plus élevé chez la gente masculine. Une partie de ce problème pourrait sans doute s’expliquer par leur réticence à aller chercher de l’aide pour ne pas paraitre « faible », dont l’origine de cette réflexion semble remonter à l’enfance. De plus, n’ayant pas appris à verbaliser leurs émotions, ils passent à l’action plus vite. Comme les filles, les garçons aussi peuvent être complexés physiquement en grandissant, voulant plutôt grossir pour atteindre le « six packs » véhiculé notamment dans les films ou dans les pubs. Bref, j’ai hâte d’écouter ce documentaire pour me faire une meilleure idée de cette problématique.

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    1. Hey celestium, merci pour ton commentaire ! (je réponds tard shame on me)
      Ravi de voir que tu as apprécié mon article et que cette question des stéréotypes de genre est de plus en plus abordée, car comme tu le dis les seules différences entre les hommes et les femmes relèvent du biologique (et encore même biologiquement les choses ne sont pas forcément évidentes, je pense qu’on ne parle pas assez des personnes intersexes soi dit en passant) ! Le genre devrait simplement être vu comme une sorte de spectrum sur lequel chaque individu se place, et peut évoluer, mais malheureusement la société a encore un bon bout de chemin à faire avant d’accepter cela, et l’éducation a bien sûr un énorme rôle à jouer !

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